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Je photographie l'orchis punaise (ma fille, 6 ans)


Il y a quelques années, j'ai eu la chance de résider dans le Champsaur et de l'arpenter régulièrement, seul ou avec des clients en tant qu'accompagnateur en montagne. La richesse floristique de cette vallée est très grande. J'ai vécu ensuite trois ans dans le Valgaudemar, une vallée proche, sauvage et grandiose (des espèces uniques pour le département comme Tozzia alpina et l'orchidée Spiranthes aestivalis pour n'en citer que deux et pour ne parler que de botanique). Je demeure à présent en Briançonnais où je continue, entre autre, à "botaniser" et photographier la nature.

Il y a huit ans, après plusieurs saisons bien remplies d'alpinisme sur tous les sommets des Ecrins, je commençai à me pencher sérieusement sur ces petites fleurs qui devaient colorer à jamais tous ces souvenirs de montagne. Chaque année encore, à la saison des fleurs, après 8 mois de peau de phoque dans la seule blancheur immaculée des cimes, je ne me lasse toujours pas de retrouver les premières couleurs emmergeant entre les dernières plaques de neige. Je continue alors de randonner à pied jusqu'à l'automne pour en voir les dernières.

J'ai donc commencé à connaître assez rapidement un bon nombre de fleurs alpines à l'aide de simples guides des fleurs de montagne et à les photographier avec un simple compact 24x36 (T4 Fuji) !

C'est que la tâche de déterminer les plantes semblait moins ardue en haut que dans la plaine ! Toutes les familles et même les genres étaient finalement assez faciles à reconnaître mais il fallut quand même passer à une méthode plus scientifique pour entrer sans erreur dans le domaine ardu des différentes espèces. Parallèlement, la photographie des plantes devenait de plus en plus difficile sans un matériel plus adéquat.

Sans herboriser systématiquement, il est nécessaire en cas d'impossibilité de détermination sur le terrain, en prenant les précautions nécessaires sur les espèces rares et protégées, de prélever et de passer la plante sous le binoculaire. Ainsi les balades de terrain se poursuivent parfois longuement dans les clés de determination des flores et dans la découverte souvent fantastique de la structure intime de la fleur grossie jusqu'à 40 fois. La découverte est notée et cette démarche, en plus de permettre une connaissance très fine des plantes, facilite incroyablement la mémorisation des noms latins.

Pour la photo j'ai ensuite opté pour un vieux reflex 24x36 Minolta 7000 doté de son 50 mm 1,7 standard. C'était l'un des premiers autofocus mais cela est totalement inutile en macro. Le 50 mm, comme souvent, offre une qualité optique inégalée et ne coûte pas grand chose en regard de ce qu'il faut mettre (souvent plus de mille euros) pour retrouver cette qualité dans les autres focales fixes.


50 mm 1.7 Minolta


Bagues allonges

En macrophotographie du pauvre, j'ai utilisé pendant des années un jeu de 3 bagues allonges qui, par différentes combinaisons, me permettait d'avoir divers grandissements (pouvant dépasser le rapport 1:1 mais rarement utile pour les fleurs). J'ai eu de très bons résultats malgré la perte de luminosité et l'utilisation du 50 ISO. De toute façon, le pied est le plus souvent préférable et indispensable. La macro extrème n'apporte pas souvent grand chose pour montrer la beauté d'une fleur. A l'inverse, j'ai même acquis un 24 mm à distance de mise au point minimum faible pour mieux montrer la fleur dans son milieu, avec un arrière plan montagneux net ou légèrement flou. Avec les bagues allonges, la distance à la fleur diminue dramatiquement (quelques cm dans les gros rapports), inutile de penser prendre un papillon !

Depuis, j'ai eu la chance de trouver un 100 mm macro 2,8 Minolta d'occasion (je ne vous dis pas le prix neuf !). Il est beaucoup plus pratique (ex : fini de jongler avec les bagues, en équilibre précaire sur une dalle rocheuse !) mais il n'est pas meilleur en piqué d'image quoique cela dépende des ouvertures du diaphragme. Le boîtier aussi a changé puisque j'utilise maintenant un 600 Si Classic Minolta. En effet, le test de profondeur de champs se révèle vraiment indispensable en macro pour voir exactement dans le viseur ce qu'on obtiendra sur le film (en terme de profondeur de champ)


Dynax 600 Si Minolta+Macro 100 mm 2.8


Reflecteur pliable

Pour ce qui est de la lumière, j'utilise essentiellement la lumière naturelle. Quand le vent est faible et intermittent, allongé avec le pied photo, il faut s'armer de patience et déclencher au bon moment car le moindre tressaillement en macro donne un résultat flou. Il m'arrive souvent de rester des dizaines de minutes, en position de combat, en transpirant, pour faire un cliché. Quand la lumière est trop dure, un petit coup de flash en fill-in est nécessaire pour déboucher les ombres mais j'ai une autre solution : le reflecteur pliable que je déplie et que j'oriente d'une main (seul, c'est assez gymnique aussi).
Quand le vent est fort et continu ou quand la lumière fait trop défaut, le flash est alors vraiment utile mais sa maîtrise est difficile. Le mieux est d'en avoir 2 ou 3 fixés sur un support pour garder du relief sur l'image. Cependant
en randonnée montagne ça devient vite trop contraignant (on a déjà un pied lourd et encombrant à transporter...). Je n'ai jamais opté pour cette solution mais j'ai trouvé par hasard un flash annulaire d'occasion qui se fixe au bout de l'objectif. Ensuite il s'agit de savoir régler l'équilibre entre lumière naturelle et artificielle car le fond noir n'est pas toujours forcément esthétique.


Pied Manfrotto et rotule 141RC


Flash annulaire

En ce qui concerne les films, j'ai beaucoup utilisé le fameux (et cher) film pro 50 ISO Velvia de Fuji qui est maintenant remplacé par la Velvia 100, idéal pour sa finesse du grain et sa saturation des couleurs. Sinon, c'est le Sensia 100 de Fuji qui est plus facile en lumière faible. Je précise que je ne fais que de la diapo.
Je scanne les diapositives avec le scanner de film Nikon Coolscan V ED à 3000 dpi. A cette résolution, les images de 12 Mégapixels (20 Mégapixels maximum à 4000 dpi), donnent des fichiers de 35 Mo. Les photos, très peu retouchées (contrastes), sont ensuite fortement compressées au format .jpg.

Pour entrer au coeur de la technique photo macro, je préfère vous diriger sur des sites dédiés en page Liens.

Pour conclure, je dirais que la photographie de fleurs ou d'insectes est passionnante et, avec le rapport unique qui s'établit avec le sujet, c'est une façon de mieux l'appréhender et de mieux le connaître en vous invitant à entrer dans la botanique ou l'entomologie (avec les joies de l'identification). Réciproquement, la fleur et l'insecte sont des sujets qui, avec leurs contraintes photographiques propres, vous font entrer dans le monde et la technique de la macrophotographie.